
« La terre, matière et espace originaux »
Une réflexion sur l’origine des formes de la nature. Je propose au regard l’émergence de paysages « matiéristes » ,
fondés sur une poïétique picturale analogue aux modes de productions de la nature elle-même. La terre, premier modèle et
origine de l’oeuvre devient une symbolique selon la tradition extrème orientale taoiste. La notion des cinq éléments, apparue dès
le VIII siècle avant Jésus Christ en Chine, est dévellopé différement chez le français Gaston Bachelard. L’eau, élément opposé
s’y lie dans la pratique picturale. Terre et eau crées un « espace source » qui au plan visuel fait naitre des sols, des paysages,
un territoire de richesses essentielles ; une culture spirituelle aussi bien que féconde materiellement. Coulures, colle de poisson,
profondeur par traitement du papier, encre et pigments se confondent par un dispositif qui fais-faire à la nature un espace pictural et
poétique. La technique invente l’image par les transformations de la nature. La modernité occidentale rencontre ainsi la tradition du
paysage oriental dans l’observation, non de la forme apparente, mais de la façon d’advenir de ces configurations. Rencontre dans
l’espace de la peinture par l’abolition du temps et par delà les cultures. Le temps long, celui du lent travail de la nature, la durée géologique
et l’instant, celui de la saisie du mouvement se croisent aussi et n’excluent pas un retour cyclique des phénomènes. Si le motif de
mes recherches provient de « l’espace originel » , soit l’espace de la terre, c’est pour créer un espace originel par la terre.
Reste à vérifier si la reflexion sur la problématique de l’origine peut-être réellement appliquée à la conception de l’espace pictural.
GALERIE CHRISTINE PARK