
Dans la peinture de Byun, se superposent la désolation du bois et celle de la vie qui nous laissent rencontrer une vision apocalyptique.
Cette dernière n’aurait pas sans rapport avec l’histoire de nos civilisations. La richesse et la variété de couleur étant réduites en brun foncé
monotone, le brun que dénote la blessure de la terre contraste avec le noir des arbres noircis comme du charbon. La matière rude, obtenue
d’un mélange de sable, colle et encre de Chine, renforce l’atmosphère du bois ravagé, de la terre blessée, ainsi que des arbres morts.
Or, cette désolation révèle l’archétype du bois, antérieur à l’ingérence du monde civilisé, et elle réveille l’état primitif de l’espace.
Surgit alors une image de ruines, héritage du romantisme (dont le fond bleu et obscur de la forêt est souvent lié à la mort), et on y voit
apparaître le passage qui mène à un monde irréel (dans le romantisme, la forêt occulte est cencée être une métaphore de l’au-delà).
Ce qui nous suscite également un sentiment sacré, déjà inhérent à la nature, et nous suggère le pouvoir d’auto-guérison et d’auto-restitution
de la nature où la vie et la mort constituent ensemble un processus cyclique. Chez Youn-Mi Byun, l’image dépaysée, hétérogène de la nature
propose donc une ironie qui consiste à dévoiler l’essence à travers la mort. Et nous avons affaire ici avec l’insaisissable. avec l’espace vierge
de la nature.
Ko Chung-Hwan, Critique d’art
GALERIE CHRISTINE PARK